30 jours, 7 états, 2 provinces…

Ce voyage débutait un peu sur une sorte de pèlerinage. Nous avions déjà visité plusieurs parcs de l’Ouest américain il y a 20 ans lors d’un circuit d’un mois, et avions été totalement enthousiasmés tant par cette ambiance unique que par ces paysages somptueux, ces couchers de soleil mythiques… et même par un succulent hamburger-des-familles-pas-de-chez-Mac-Do 🙂 (la viande là-bas, c’est tout de même « autre chose » que chez nous).

Los Angeles, Monterey, Carmel, San Francisco, Sequoia, Yosemite, Mammoth Lake, Death Valley, Las Vegas, Grand Canyon, Monument Valley, Zion, Brice Canyon, Lake Powell, Canyonlands, Arches, Joshua Tree… Rien que d’y repenser, c’est comme si j’y étais. Vraiment épatant, on se sent à la fois presque chez nous et loin de chez nous, il y a un côté très familier qui côtoie le côté sauvage et gigantesque du désert et des montagnes. Y retourner ? Oh que oui, et sans se forcer en plus !

Et justement c’est après ce beau voyage que je me suis rendu compte que nous étions passés à côté de « perles », notamment aux alentours de Page : Antelope Canyon, Horseshoe Bend, Coyote Buttes North/South, quelques recoins d’Arches plus à l’écart. Et plus loin, beaucoup plus loin : Yellowstone. Il faut dire que les USA c’est… comment dire… VASTE. Et si pour l’Américain standard, enquiller les centaines de miles est aussi ordinaire que de boire un Coke avec son burger, ça fatigue un peu au bout de quelques semaines. Surtout quand les nuits sont en camping et que les longs trajets sont entrecoupés de virées, marches et randonnées plus ou moins longues, plus ou moins faciles.

Je vais d’ailleurs m’égarer 2-3 minutes pour raconter une anecdote mémorable il y a 20 ans à notre arrivée au Parc d’Arches (et j’y reviendrai d’ailleurs plus tard… 20 ans après…) : ce voyage se déroulait en plein mois de juillet, le chaleur était torride, et quand nous venions d’arriver sur le parking avec la volonté inébranlable de faire la rando d’1h30 pour Delicate Arch, le ciel commençait à s’assombrir en cette fin d’après-midi. Je veux dire VRAIMENT s’assombrir. Ceux qui connaissent les orages d’été aux USA (ou ailleurs) voient très bien ce que je veux dire. Nous formions un petit groupe. Notre guide (un Suisse-Allemand formidable, d’une gentillesse, d’une coolitude et d’un charisme à faire chavirer l’esprit le plus chagrin) nous regarde alors tous et nous dit : « Bon, un orage arrive » (Oh, vraiment ?) « alors il va falloir se mouiller un peu, peut-être même courir un peu. Qui veut venir ? Qui veut rester ? »

Silence.

Des bras se lèvent, un peu hésitants tout de même. A la fin, la moitié du groupe reste dans le van. Le reste prend le strict minimum sur lui. Et nous partons. Ah oui j’allais oublier : en commençant à marcher, Martin (c’est son prénom) nous annonce solennellement : « Je vous promets que vous verrez le coucher de soleil quand on sera arrivés ». Je note la promesse, mais j’avoue que je commence à écouter distraitement ce qui se dit autour de moi parce que la pluie commence à tomber. Pas que la pluie. La foudre aussi. C’est très joli tous ces éclairs qui tombent à la verticale pour se planter dans le sol à 300 mètre de vous. Les gouttes se transforment rapidement en hallebardes. Alors on fait ce qu’on peut : on commence VRAIMENT à courir, on planque le fameux « strict minimum » qu’on avait emporté (autrement dit : l’appareil photo) dans le T-shirt qu’on enroule autour le plus soigneusement possible (ok ok, les filles font autrement…). Et je ne sais plus si je vous l’ai dit : on court. On court. On court. Et ça monte, nom d’un hamburger ! Cette marche n’est pas difficile en soit, mais un bon tiers de la distance se fait sur une pente – qui monte à l’aller et qui est de plus en plus glissante – que j’aurais personnellement préféré monter en marchant 🙂

Bref, on arrive là-haut et on découvre Delicate Arch. « Tiens, elle n’est pas si grande que je l’imaginais ! », mais « Elle est quand-même rudement chouette et photogénique », même si on l’avait déjà vue et revue dans tous les magazines qui se respectent (pas encore d’Internet à l’époque… oui-oui, cette période a réellement existé !). On profite un peu de l’instant, la tête rentrée dans les épaules et dans ce qui reste de nos T-shirts trempés. Nous ne sommes pas très nombreux au final, peut-être une trentaine de personnes maximum.

On souffle un peu, et puis nos regards commencent à aller de gauche à droite, puis de droite à gauche.

Car à gauche, il y a l’arche. Et à droite, il y a en principe le soleil qui est censé se coucher dans pas longtemps. Et puis il y a cette petite excitation en bas de la nuque qui commence à se faire sentir, parce qu’on voit bien qu’à droite, là où est censé se trouver le soleil, sous cette énorme masse gris foncé de nuages (qui recouvre 99% du ciel autour de nous), on commence à distinguer une ligne : l’horizon. Et juste au-dessus de l’horizon, une sorte de bande claire juste sous les nuages. De plus en plus claire même. Qui devient jaune, puis jaune-orangé. Et on continue à regarder à gauche puis à droite, comme pendant un match de tennis à Roland Garros.

Et c’est là que « ça » arrive.

Une boule de feu rouge sort peu à peu de sous les nuages. L’arche devient peu à peu aussi rouge que le soleil. Et bientôt, cette bande claire entre la ligne d’horizon et les nuages est totalement occupée par le soleil couchant. Elle est JUSTE assez haute pour « contenir » la totalité de l’astre. On ne voit plus que ça. Au-dessus de nous, c’est un enchevêtrement de nuances de gris sombre, presque déjà la nuit. A droite, c’est le feu céleste. A gauche, c’est une vision incroyable, jamais vue. Delicate Arch est d’un ROUGE dément. On ne voit qu’elle, surtout que le sol devant elle est en train d’être masqué par l’ombre de la nuit qui s’avance rapidement. Bientôt il ne reste que cet arceau rougeoyant, qui finit absorbé petit à petit dans la pénombre.

La pluie a cessé de tomber. Du coup ce sont quelques larmes qui tombent de certains yeux. Mais qu’est-ce qui nous prend ? C’est juste un bête coucher de soleil !

On se retourne tous vers Martin, avec une bouche en forme de banane. Jusqu’aux oreilles, la banane. « Sacré Martin, comment le savais-tu ? »

« Ben… je ne le savais pas, mais fallait bien tenter le coup, non ? ».  Et le sourire de Martin était aussi large que le nôtre.

On est restés là jusqu’à la nuit. Moment magique. La nature à l’état brut. On la respecte, on la vénère, presque. L’a-t-elle senti ? Était-ce juste une heureuse coïncidence ? Un phénomène météorologique classique en été lorsque après l’orage, le soleil refait une ultime apparition vespérale avant de tirer sa révérence ?

On s’en fout à vrai dire. C’est le moment qui comptait. Les sensations. Les émotions.

Delicate Arch
Navré pour la mauvaise qualité. C’était il y a 20 ans, sous un orage, avec une lumière déclinante et un appareil (argentique) pas vraiment adapté aux conditions… Au moins ça donne un aperçu de l’instant. J’avais même oublié l’arc-en-ciel : « double cherry on the cake » !

Bon, fini la dégoulinade mélancolique et larmoyante (« ouais mais quand-même, qu’est-ce que c’était bon ! »). Bref, il fallait y retourner.

En parallèle de ça, le projet de rendre visite aux voisins Canadiens se faisait aussi de plus en plus présent et pressant dans nos petites têtes chercheuses et voyageuses  : on avait déjà repéré quelques photos de Banff et Jasper dans un magazine Géo qui traînait dans une guesthouse lors d’un voyage au Pérou… Et l’itinéraire a donc presque coulé de source : arrivés à Arches, il « suffisait » de poursuivre jusqu’aux Rocheuses du côté de Denver/Colorado, puis de remonter cap au nord en longeant les montagnes pour arriver finalement au Canada. Simple, oui. Juste un peu crevant… Mais on ne vit qu’une fois, allez zou c’est vendu !

Et c’est comme ça que, de fil en aiguille, de parc en parc, nous avons sillonné le Nevada, l’Arizona, l’Utah, le Colorado, le Wyoming, le Montana, l’Alberta, la Colombie Britannique, puis sommes retournés aux USA dans l’état de Washington.

La vidéo du voyage

Vidéo et photos avec Canon G7 x et Canon 70D

Notre itinéraire

Ci-dessous vous trouverez (dans l’ordre chronologique) la liste des trajets et la carte de tous les endroits où nous nous sommes rendus. Pour le moyen de transport, vous verrez, nous avons joué la carte de la simplicité et de l’humilité 🙂

En fait, pour (re)planter le décor, nous venions du Costa Rica près avoir plongé aux îles Cocos (voir ce billet). Au moins, quand on est arrivés à Vegas, on n’a pas vraiment été choqués par le décalage thermique (enfin quand-même, 43° à midi, ça calme un peu les ardeurs…).

Nous avions réservé les 3/4 des nuits d’hôtel en France avant de partir, avec option d’annulation pour certains. Pas de camping prévu.

Il y a bien entendu eu de petits changements au fil des jours et des envies (si non ce ne serait plus des vacances…).

Et au final (roulements de tambours), 8 500 km, 70 heures de conduite ; j’y croyais pas en regardant le total sur l’ordi de bord ! 😮

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Carte roadtrip USA-Canada

Las Vegas

Vol San José-Dallas-Las Vegas, donc sans surprise si ce n’est qu’American Airlines a eu la courtoisie de faire partir nos bagages… mais pas nous ! Du coup nous avons dû attendre le vol suivant pour rejoindre Vegas et nos valises… (ouf !).

On bulle un jour plein à Las Vegas (sans même dépenser un dollar aux machines à sous, pfff les gros blasés !) et en dormant au Bellagio. 43° dehors, mais on crapahute quand-même du début à la fin. On est tellement abasourdi par ce qu’on voit…!! Je vous passe les attractions que vous connaissez tous. Cette année nous avons testé le très chouette grand 8 de New-York New-York et un dîner dans le resto panoramique Top of the World au sommet de la tour Stratosphere (250 mètres). La plateforme tourne à 360° en 80 minutes ce qui permet de contempler tout Las Vegas et ses environs en mangeant ! Et le steak mangé ici fut « presque » le meilleur de tout le séjour (vous verrez plus loin où a été dégusté le meilleur 🙂 ).

Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson

On loue une Mustang cabrio gris métal à l’aéroport (ouch les gros frimeurs qui s’la jouent ! ouais mais un roadtrip sans cabrio, c’est comme une carbonnade flamande sans frites… :p )
Mustang à Old Paria

Le Grand Canyon (en hélico)

Direction le Grand Canyon (souvenirs, souvenirs…). Soyons fous, et pour changer des points de vue déjà très spectaculaires, ma douce nous offre un tour en hélico. Et bing (non, c’est pas  le bruit de la carte bleue qui explose, c’est « la grâce qui nous touche »), au bout de 10 minutes, on se regarde et on se met à chialer comme des Madeleines ! Pourtant on l’avait déjà vu ce Grand Canyon, on avait déjà fait des tours en hélico, et en plus le temps était plutôt couvert. Et ben quand-même, houlala le choc ! C’est beau, c’est grand, c’est incroyable. Si vous le pouvez, faites-le, point.

usa grand canyon

 

Et de retour au sol, on clôture le festival en apothéose par un sunset magnifique avant de quitter le site. Enfin pas complètement, parce que maintenant va falloir carburer pour dormir à Page ce soir (2h30 de route).

souvenir de grand canyon

Page, Horseshoe Bend, Antelope Canyon, Toadstool Hoodoos

Histoire de se mettre en forme, on commence par Horseshoe Bend au lever du soleil.

usa horseshoe bend

 

Puis on enchaîne sur Antelope Canyon : Lower Canyon vers 10h00, puis Upper Canyon vers 12h00, la meilleure combinaison possible pour profiter de superbes moments d’éclairage et des « sunbeams » dans le upper canyon (ça n’est d’ailleurs pas moi qui le dit…). Époustouflant : cette journée à elle seule méritait le retour à Page. Seule « ombre » (si je puis dire… 🙂 ) : les bus de Chinois, que l’on retrouvera d’ailleurs régulièrement sur une bonne partie de notre circuit (pas les mêmes bus, pas les mêmes Chinois, mais toujours le même « schéma » : le bus largue 40 personnes qui ont un temps ultra limite pour faire le tour et qui se croient les rois du pétrole en pensant qu’ils sont seuls au monde… et donc en bousculant tout le monde). Alors forcément, dans des canyons aussi étroits, ça complique un peu la donne, d’autant qu’en été, c’est bondé 🙂 . Bon ça y est, j’ai fini ma « minute raciste », d’autant qu’au final, c’est bien à leur tour de profiter des merveilles du monde. C’est juste que je ne comprends pas comment on peut réellement profiter de cette façon de « visiter »… J’ai d’ailleurs préféré choisir l’option « phototour » de 12h00 pour l’upper Antelope canyon, qui est le canyon le plus visité surtout à la mi-journée. 2 indiens vous accompagnent, vous aident même parfois à améliorer votre composition, à bloquer temporairement le flux des visiteurs pour éviter des bras, des jambes ou des T-shirts bariolés sur les photos, et même à projeter du sable sur les rayons de soleil qui percent les grottes : en les traversant, la poussière la plus légère reste en suspension quelque secondes et souligne les contours du rayon lumineux.

usa antelope canyon

 

L’après-midi, on roule un peu pour nous rendre au Toadstool Hoodoos et à Old Paria : il n’y a strictement PERSONNE. Nous sommes seuls, sympa pour quelques photos posées, même pour la Mustang qui semble se prendre au jeu. En tous cas les cheminées de fées des Hoodoos et les falaises de Paria teintées de jaune, de rouge et de rose en fin de journée valent le détour.

Hoadstool Hoodoos

 

Le soir au coucher du soleil, nous repassons par Horseshoe Bend sur le retour à Page pour une ambiance lumineuse totalement différente de celle du lever de soleil (soleil dans le dos au matin, face à nous le soir) : toujours aussi chouette.

usa horseshoe bend

Coyotte Buttes South et White Pocket

Le lendemain, direction Kanab (1 bonne heure de route). Là je dois avouer que j’ai perdu à deux reprises l’unique occasion de visiter Coyote Buttes North, à savoir le fameux site « The Wave« . Il faut dire qu’on ne peut y aller qu’en gagnant une loterie sur internet qui se joue plusieurs mois à l’avance en ayant sélectionné (de façon définitive) la date de votre choix. Il n’y a que 20 places possibles à gagner par jour, avec une seule excursion par jour, l’endroit étant strictement réglementé depuis plusieurs années pour éviter de dégrader le site. Une ultime chance consiste à participer à une autre loterie qui se déroule sur place (à Kanab en fait) la veille du jour où vous souhaiteriez visiter The Wave. Pour vous donner une idée, le soir où je me suis inscrit à cette loterie en ligne, j’ai arrêté de compter quand j’ai vu qu’il y avait déjà eu plus de 500 inscrits en même pas 20 minutes pour la même journée… Nous nous sommes donc « rabattus » sur l’excellent combiné « Coyote Buttes South » (qui a même sa propre « mini wave »)…

Coyote Buttes South

 

…et « White Pocket » : fabuleux ! Les photos parlent d’elles-mêmes. 4×4 obligatoire pour se rendre à White Pocket à cause des pistes de sable, qui peuvent en plus littéralement se transformer en bourbier en cas d’orage (et SUV ou véhicule largement surélevé pour aller à CBS).

usa white pockets

Monument Valley

Baignade rafraîchissante dans le lac Powell, puis 3ème et dernier passage à Horseshoe Bend pour une ambiance encore différente : cette fois, plein soleil sur l’ensemble du site, il n’y quasiment plus d’ombre, le contraste de la rivière vert foncé et de la roche rose-beige est à son maximum. Puis direction Monument Valley (2 heures de route) où nous arrivons en milieu d’après-midi. Nous descendons faire le tour en voiture (décapotée of course) entre les monolithes, puis profitons du coucher de soleil façon John Wayne sur l’un des panoramas les plus connus au monde. Et puis c’est à nouveau l’heure de tracer la route car nous dormons ce soir à Moab où nous arrivons trèèèèès tard (2h30 de route).

USA monument valley

Arches

1ère journée dédiée Wilson Arch un peu à l’écart de Moab, puis à Arches. Et il y a de quoi faire : Park avenue, the full devil’s garden trail, Double arch, et the Window’s trail qui est une bien belle découverte pour nous, à faire si possible en fin de journée pour la lumière du soleil couchant (ben oui, ça devient d’un banal…).

usa arches windows trail

arches windows trail

Canyonlands et Delicate Arch

La veille, le Garden trail avait fini en plein cagnard de 12h00 et nous avions dû revenir à Moab faire une pause « salade sous nuage de vapeur fraîche + courte sieste à l’hôtel », histoire de revenir à Arches vers 16h00 sous moins de 35 degrés, nettement plus frais tout de même ! 🙂

Aujourd’hui, le problème est différent. On se lève à la fraîche, à 4h00 du mat, et on trace 30 minutes de route par nuit noire pour aller à Mesa Arch, Canyonlands. LE meilleur moment est au lever du soleil, car comme elle se situe en hauteur, le soleil quitte l’horizon en-dessous de l’arche, ce qui irradie de rouge toute sa face inférieure. Surprise à l’arrivée : alors que, vu l’heure, je m’attendais à 2-3 photographes, c’était déjà 7-8 d’entre eux qui avaient marqué leur territoire en plantant leurs trépieds respectifs juste en face de l’arche (qui n’est pas très grande d’ailleurs). Coup de chance ou pas, comme j’étais visiblement le seul à disposer d’un ultra grand angle, je me suis légèrement décalé vers la droite et ma foi, je suis finalement plutôt très content du résultat pour un coup de « malchance » !

usa canyonlands mesa arch sunrise

 

Nous avons ensuite continuer à visiter d’autres point de vue de Canyonlands faciles à trouver en voiture. Puis retour à Arches pour le pèlerinage à Delicate arch en fin de journée, histoire de retenter l’expérience mystique du « coucher de soleil ». Et c’est là que je reviens sur l’anecdote du début, vous vous souvenez ? La rando d’il y a 20 ans, pliés en deux sous l’orage, le sunset de folie à la dernière minute, quelques dizaines de touristes les yeux embués de bonheur ? Ben ça c’était y a 20 ans. OK, lorsqu’on y est retournés, il n’y avait pas d’orage pour faire peur à certains, mais tout de même une chaleur de BŒUF (sérieux, vu l’équipement et le gabarit de certains, ça devait être vraiment difficile pour eux). Et donc ce jour-là, ça s’est passé comme ça : arrivés en haut environ 30-45 minutes avant le coucher du soleil, on pouvait estimer au bas mot 300 personnes déjà sur place : 200 assis sur des gradins naturels situés à une bonne centaine de mètres de l’arche et attendant sagement l’explosion de feu, le regard contemplatif. Les autres ? Et bien – et navré si vous êtes « selfie-maniac » – imaginez-vous une file continue de plusieurs dizaines de personnes qui ne se « vide » jamais, et dont le premier (de la file) est à l’arrêt à environ 20 mètres de l’arche, ce qui est déjà bien trop près. Pourquoi ? Parce que lorsque quelqu’un s’est photographié (ou s’est fait photographier) juste sous j’arche (ben oui, forcément, c’est le meilleur spot pour emm….. ceux venus là juste pour admirer le spectacle de l’arche SANS les zozos qui passent dessous), il repart souvent sans trop se presser (tellement il est content d’être là), et il croise celui qui va prendre sa place qui, lui, au contraire, était dans les starting blocks pour filer se mettre en position sous l’arche. Et c’est justement de l’endroit précis où ces deux-là vont se croiser que va dépendre LA seconde ultime où vous aurez le magnifique privilège d’admirer l’arche « seule »… et peut-être même celui de prendre une photo-sans-zozos dans la foulée ! Le plus drôle (si j’exagérais, j’en pleurerais…), c’est que les zozos en question ont continué à se succéder non-stop même lorsque l’arche est passée dans l’ombre. Alors dès le départ, certains spectateurs et certains photographes ont bien commencé à siffler, à protester, mais au bout de 15 minutes, rien ne changeait, pour ne pas dire que ça empirait, même. Et pour finir, le coucher du soleil a été partiellement voilé par une brume au-dessus de l’horizon. L’arche n’était donc que « rosée ». Bref, vous avez compris que ce que l’on retiendra de cette seconde visite est l’explosion du tourisme (et c’est bien normal : chacun a le droit de voyager et c’est à chacun de s’adapter à cette évolution) et surtout l’évolution de certains comportements : le selfie est devenu sincèrement un fléau pour l’environnement au sens large du terme : les « selfieurs » et ceux qui veulent à tout prix se faire photographier « près de », « sous », « sur », « dans », « à travers », « en faisant le poirier » (…) emm….. les humains qui voudraient ne voir qu’une nature-sans-zozos, voire pouvoir photographier une nature-sans-zozos, mais ils emm….. (ok après j’arrête la vulgarité) aussi les animaux avec la frénésie des bear-selfies, des bisons-selfies, et j’en passe… et je m’arrête là : Le monde et le tourisme changent, soit on s’adapte, soit on trouve d’autres sites et d’autres façons de voyager. C’est encore possible pour l’instant.

La file des zozos
cherchez le zozo vert !

Colorado Scenic Byway et Crested Butte

Colorado nous voici ! Après l’Utah, nous sommes en route vers les montagnes ! Beauuuucoup de route aujourd’hui, quelques arrêts dans quelques villages endormis mais si typiques, une courte visite des impressionnants belvédères du Black Canyon of the Gunnison, puis enfin d’après-midi nous arrivons à Crested Butte. Tout cela en ayant emprunté la « Colorado Scenic Byway » autrement appelée la « West Elk Loop« . Elle est parait-il somptueuse à l’automne avec les feuilles jaunissantes des aspens (trembles). Mais en vert, ils ne sont pas si mal non plus !

usa colorado

 

Courte visite de la station (à la fois station de ski l’hiver et de VTT-rando l’été), juste le temps de voir un match local de base ball avant que la ville ne s’endorme… et de déguster le meilleur steak de tout notre séjour  (c’était ici) !

base ball a crested butte

Rocky Moutain National Park

Le lendemain, nous bouclons la boucle par la piste du verdoyant col de Kebler pour rejoindre la route de Denver, en faisant un petit arrêt dans le très sympathique village de Redstone. Imprévu : des travaux bloquent l’accès à l’Interstate 70. Qu’importe, nous ferons donc un looooong détour via Aspen (qui mérite bien son nom vu le nombre de trembles qui l’entourent) pour remonter ensuite plein nord et entrer dans le Rocky Moutain National Park par le sud. Nous le traversons avant le crépuscule, ce qui nous donne de superbes scènes de vie sauvage (entre marmottes, renards, wapitis et élans) sous un ciel orangé-indigo, dont la beauté est sans doute (malheureusement) accentuée par un incendie « quelque part »… Nous finissons à la nuit (bien) tombée dans un petit bungalow d’Estes Park.

USA rocky moutains

Grand Teton et Jackson

Nous ne verrons plus grand chose du parc Rocky Moutain, car nous avons l’une de nos plus longues journées de route : 8h30 jusqu’à Jackson, Wyoming ! Nous quitterons la monotone Intersate 80 à mi-chemin pour rejoindre la route 287, puis la 26, et rentrer dans Grand Teton National Park par l’est en suivant une route de montagne beaucoup plus agréable. Arrivés à Dubois, de nombreux hélicoptères nous survolent pour venir puiser de l’eau, un incendie apparemment important laisse des fumerolles en bord de route et vient même masquer d’une sorte de brume la chaîne montagneuse de Grand Teton si spectaculaire et typique quand on entre dans ce parc. Peu importe pour les troupeaux de bisons, qui continuent de vaquer à leurs occupations comme si de rien n’était. Ce nuage sera malheureusement toujours là le lendemain, ce qui nous fera changer un peu nos plans : pour voir « bien », il faut « voir de près », donc nous allons nous rapprocher des montagnes pour éviter d’avoir l’impression persistante de devoir essuyer nos lunettes à force de voir « grisâtre ».

usa grand teton jenny lake

 

Après une bonne nuit de repos, une belle journée ensoleillée nous attend : Ballade a Colter Bay, View Point Oxbow Bend puis retour vers la Teton Park Road, Signal Mountain Road pour les viewpoints, Jenny Lake (superbe !), Ballade jusqu’a Taggart Lake, stop à la « chapel of transfiguration », à mormon row pour la ferme traditionnelle  sur fond de montagnes (encore un cliché universel), et pour finir un spectacle de rue à Jackson vers 18h00 : sympatoche et bon enfant.

règlement de comptes à jackson

 

Il règne à Jackson un air des USA d’antan, même si certains pourraient trouver des similitudes avec un spectacle Eurodisney… Mais ce soir il n’y aura pas de rodéo show à Jackson (qui a lieu seulement quelques jours par semaine => renseignez-vous avant). Qu’à cela ne tienne, nous décidons d’aller en voir demain un dans la « capitale du rodéo », Cody (et de se farcir au passage un aller-retour de 600 miles/10 heures : quand on aime on ne compte pas !).

les américains sont grands
Euuuh, tu t’es pas un peu trompée de taille, là ?

Yellowstone et rodéo !

Nous commençons donc la journée suivante en filant au nord vers Yellowstone et en nous arrêtant dans le secteur de West Thumb Basin (assez logique en venant de Grand Teton), puis à plusieurs points de vue sur les « Yellowstone waterfalls ». Il y  a plein d’endroits où s’arrêter pour admirer les chutes, mon préféré sans hésiter étant Artist point. Nous avons aussi fait « Uncle Tom’s trail » et « Brink of the lower falls trail » pour admirer les chutes de plus près.  Plus globalement, j’ai trouvé beaucoup d’infos intéressantes sur Yellowstone sur cette page. Le site roadtrippin.fr est d’ailleurs excellent pour préparer son voyage aux USA. L’intérêt pour Yellowstone est que ce parc est tellement grand qu’il faut essayer de s’organiser un minimum pour le visiter dans un temps limité, tout en essayant de laisser la place à l’imprévu. C’est d’autant plus vrai que les geysers eux-mêmes ont des horaires bien spécifiques, donc tout dépend de ce que vous voulez voir.

yellowstone c'est géant
Y a pas que Yellowstone qui est grand… pfff…

Nous pensions ensuite tracer la route sans pause jusqu’à Cody, mais un orage ultra-violent s’est abattu sur nous et sur la route : plusieurs arbres ont été arrachés et la route bloquée quelques dizaines de mètres devant nous. Heureusement, les Américains voyagent « lourd ». Je veux dire par-là que la Mustang, c’est pour le touriste de base. Le « vrai » Américain roule en Dodge RAM 1500 ou 2500 avec « tout-ce-qu’il-faut-pour-se-sortir-d’un-merd… » (oups ! j’avais dit » plus de gros mots »…). Bref, 2 monstres à 4 (grosses) roues ont rapidement traîné les arbres arrachés sur les bas-côtés. Pas besoin d’attendre l’arrivée des pompiers ici : quand vous le pouvez, « do it yourself ! » 🙂 .

tempête sur Yellowstone

 

Arrivés enfin à Cody, nous avons assisté à un rodéo fort sympathique, entourés de touristes et de mormons qui se faisaient une petite sortie en famille ! Belle ambiance ! La banane !

usa cody rodeo

Les geysers et les bassins de Yellowstone

Après le rodéo, dodo à Cody et reprise de la route tôt le matin (sans orage…) pour poursuivre la visite de Yellowstone : principalement Biscuit Basin, Midway Geyser Basin et le fameux Grand Prismatic Spring, pour terminer en posant nos valise à l’Old Faithful Inn pile-poil au moment le geyser du même nom « explose ».

usa yellowstone grand prismatic

yellowstone photogenique grand prismatic

 

Histoire de profiter des belles lumières de fin de journée, nous enchaînons tout de suite avec une bonne partie du circuit pédestre classique qui longe l’ensemble des geysers du secteur et se termine avec la « Morning glory pool », petite mais superbe avec des couleurs aussi spectaculaires que celles du Grand Prismatic.

yellowstone morning glory pool

 

Nous avons même eu la chance de voir le Riverside geyser en action (c’est d’ailleurs pour ça que nous étions repartis illico après avoir posé les valises : les « horaires » des geysers sont affichés dans le lobby, et il y avait une bonne fenêtre de tir pour nous 🙂 ).

yellowstone riverside geyser

Mammoth hot springs et… les bisons !

Le lendemain, on refait plus tranquillement le secteur du Old Faithful, qui nous gratifie d’une seconde superbe expulsion matinale, et avons aussi même la chance de voir le Grand geyser nous faire coucou avant de quitter le secteur. Nous plions bagages et reprenons la voiture, mais avant de partir vers le nord, nouvel arrêt au Grand Prismatic : il est tellement beau qu’il mérite bien 2 arrêts, à des horaires différents si possible…! Nous atteignons le secteur de Mammoth hot springs, qui ne m’a pas réellement emballé, même si certains coins sont très photogéniques, mais c’était de toute façon notre porte de sortie de Yellowstone pour aller vers Glacier National Park.

usa yellowstone mammoth hot springs

 

J’allais oublier : les BISONS. Ben oui, Yellowstone sans bison, ce serait un peu comme Noël sans Père Noël. Ils sont partout. Mais on a beau le savoir, on perd beauuuucoup de temps à photographier le premier qui travers ou longe la route. Car c’est le plus souvent comme ça que les rencontres avec les bisons se font : sur la route, tout simplement. D’où les files de voitures et ralentissements à rallonge, le temps de laisser ces placides ruminants se faire une place et poursuivre leur chemin… et de laisser les familles de touristes (nous inclus 🙂 ) prendre leur saoul de photos. On n’a pas vu de « bisons-selfies », mais ce type de pratiques se produit régulièrement… avec son lot d’accidents (quand on cherche, on trouve…).

yellowstone bizz bison
Qui est la star ?

Des plaines du Montana aux Rocheuses

Après une escale agréable à Helena, nous faisons quelques pauses le long des grandes plaines du Montana, je me fais piquer par quelques abeilles qui gardaient vaillamment des ruches multicolores, photographie quelques voitures à vendre dans une « casse » au bord de la route.

vieilles américaines à vendre au montana

 

Puis nous choisissons un « camp de base » situé au nord-est du parc, à Saint-Mary. C’était pour nous la meilleure option pour accéder rapidement aux secteurs qui nous intéressaient. Yellowstone nous avait déjà montré que les soirées commençaient à fraîchir, et après une longue route pour le parc de Glacier, nous avons VRAIMENT continué à changer de climat en pénétrant dans les Rocheuses. Les 110° Fahrenheit (43° Celsius) de Arches sont loin, place aux 44° de Glacier (7° Celsius 😮 ) en soirée !

usa wyoming ruches

Glacier National Park : Iceberg lake

Le lendemain, le temps est maussade et le restera toute la journée. Nous démarrons par la superbe randonnée vers Iceberg lake, puis enchaînons avec Avalanche lake trail (qui est plutôt une ballade familiale qu’une randonnée).

usa glacier iceberg lake

Highline trail et Hidden lake

Autre jour, autre temps : le soleil est au rendez-vous ! Nous décidons de tenter Garden Wall trail (parfois plus connu sous le nom de « Highline trail« ) à partir du Logan visitor center. Nous ne faisons pas le classique « loop » pour revenir au visitor center par la navette. En fait nous n’avions pas prévu d’aller si loin et pensions faire demi-tour au col d’Haystack. Finalement, emballés par ce circuit, nous avons poussé jusqu’au point de vue sur le Grinnel glacier, après une montée très raide qui vous fait quitter le sentier principal vers la droite. De là haut, vous avez une vue splendide sur le glacier, mais aussi sur Grinnel lake et même sur lake Josephine, Swiftcurrent lake, jusqu’au lake Sherburne !

Highline trail Grinnel lake overlook

 

Au retour (sans passer par le Granite Park Chalet), nous avons enchaîné avec le Hidden lake overlook, superbe balade pour un autre superbe point de vue. Marmottes et bighorn sheeps sont au rendez-vous. Nous n’aurions pas pu faire un pas de plus, après une bonne trentaine de km de marche. Nous avons donc terminé la journée en profitant de la météo exceptionnelle pour décapoter et conduire tout le long de la « Going to the sun road », un classique de Glacier NP. Ne manquez pas un arrêt au Wild goose island overlook, pas très loin de Saint-Mary.

usa glacier

Waterton et l’entrée au Canada !

Canada nous voilà ! Encore une journée ensoleillée, nous quittons les USA pour le Canada. Après une escale agréable de 2 heures dans la petite ville de Waterton (à Waterton Park qui constitue en fait la petite partie canadienne de Glacier NP, à son extrémité nord), nous faisons route vers Banff, ville touristique animée nichée dans les Rocheuses canadiennes.

Waterton

Randonnée autour de Lake Louise

Le lendemain, la météo change très vite : après un superbe lever de soleil sur le lac Louise et le lac Moraine, petit crachin du matin, chagrin…

canada banff lac moraine

 

Nous choisissons donc de marcher : direction la Plaine des 6 glaciers, puis le Big Beehive, deux randonnées mises bout-à-bout, assez connues autour de Lake Louise. L’arrivée au sommet du Big Beehive fut un peu pénible (pentue + venteuse + sous la pluie), mais la vue sur le lac « vert glacier » le valait bien. Retour mouillés à Banff, puis une bonne pizza pour reprendre les calories perdues 🙂

canada banff lac louise

Helen lake to Cirque peak

Le soleil est de retour ! On en profite pour se ruer vers l’une des plus belles randonnées de la région : « Helen Lake to Cirque Peak« . Le point de départ se trouve à 20km au nord de Lake Louise, près de Bow lake. C’est vraiment l’un de nos meilleurs souvenirs de marche de tout le séjour. Pique-nique bien mérité au sommet après une ascension de plus de 1000 mètres ; un peu venteux là-haut, mais avec un panorama à 360° absolument fantastique. On prolonge la pause pour retarder la descente le plus longtemps possible. Nous pouvons apercevoir Bow lake et Bow glacier, le magnifique Peyto lake, et en-dessous de nous le glacier Wapta. La randonnée nous fait également passer à côté des crêtes de Dolomite Ridge.

canada banff cirque peak

 

Enfin, un peu sur les rotules, nous rejoignons notre petit chalet douillet dans la forêt (Paradise Lodge & Bungalows, à recommander), tout près de Lake Louise.

Paradise Bungalows - Lake Louise

le parc de Yoho et l’Alpine trail du lac O’Hara

Rebelotte, la météo s’est à nouveau inversée. Pas de chance pour la journée que nous devions consacrer au parc national de Yoho, une merveille située près de Lake Louise. Il est difficile d’y accéder en été si vous voulez éviter de marcher sur la route bitumée sur 10 km et souhaitez être de retour le soir-même : vous devez impérativement réserver plusieurs mois à l’avance vos tickets de bus ! Mais la randonnée qui vous attend ensuite est une tuerie : l’Alpine trail autour du lac O’Hara. Les paysages sont grandioses, comme il s’agit littéralement d’une boucle, ils changent toujours à chaque contournement ou franchissement de col, bref, une merveille de massifs de moyenne montagne émaillée de tâches d’eau turquoise magnifiques. canada banff lac ohara

 

Retour à notre bungalow cosy pour se réchauffer nos petits petons mouillés ! La prochaine fois on restera 2 jours sur place c’est certain, sans doute en automne pour les couleurs… et en essayant d’éviter les gouttes !

Le lac O'Hara par une belle journée ensoleillée

Icefields Parkway jusqu’à Jasper

La journée du lendemain était consacrée aux arrêts qui émaillent la « Icefields Parkway » sur 230km entre Lake Louise et Jasper. Et croyez-moi, mieux vaut prendre sa journée car certains de ces endroits sont bien agréables et la carte dont je vous ai fourni le lien ci-dessus est bien pratique. Nous avons d’abord voulu à tout prix revoir rapidement le lac Moraine et le lac Louise encore sous le soleil du matin, dernières étapes locales avant de continuer vers le nord. Ensuite, voici les étapes dont je me souviens : Bow lake – Peyto Lake – Glacier Athabasca (arrivés face au glacier, pluie et tempête nous tombent sur la tête, repli stratégique vers la voiture, mais au moment de démarrer le soleil revient… et on refait donc demi-tour pour retourner au glacier avec le sourire 🙂 ) – Sunwapta falls – Athabasca Falls – Jasper. De bien belles images… aaaaah ça oui !

canada banff lac peyto

Cavell lake, Cavell meadow et Angel Glacier

Arrivés à Jasper (dans un chalet tout aussi craquant : Alpine Village Cabin Resort), le programme s’est quasiment fait tout seul, partant du « maximum faisable » sur une journée : Cavell Lake, Cavell meadow, Angel Glacier, 6 heures aller-retour en allant jusqu’au « vrai » sommet » avec panorama 360°… rapidement masqué par une armada de nuages. Météo capricieuse, mais journée très sympa.

canada jasper glacier angel

Les lacs de Jasper et Spirit Island

Enfin, pour notre dernière journée pleine à Jasper, nous allons contempler le lac Edith, le lac Annette, le lac Patricia, le lac Pyramide et le petit îlot relié par une passerelle, le lac Medicine, le lac Maligne sur lequel nous ferons une croisière-photo pour Spirit Island (l’île la plus photographiée au monde). Nous avons choisi l’option « croisière-photo », plus chère, pour… prendre des photos of course mais aussi surtout pour éviter les groupes qui choisissaient la croisière standard et ne pouvaient rester que quelques minutes sur l’île. Du coup nous disposions de beaucoup plus de temps (et de moins de touristes sur les photos… ben oui forcément 🙂 ). Cela dit, même si Spirit Island est une « attraction » très touristique, elle vaut le détour ne serait-ce que par le superbe trajet qui vous permet de vous enfoncer au cœur du lac Maligne et de vous rapprocher des montagnes et glaciers qui l’entourent. Personnellement j’ai trouvé les premiers abords du lac, là où la route se termine, bien moins jolis.

canada jasper lac pyramide

Berg lake et le mont Robson

Le lendemain, c’est le jour où nous quittons malheureusement Jasper… Direction le nord. Après avoir cherché d’autres lieux à visiter sur la route de Vancouver, j’avais été bien accroché par le parc du Mont Robson et le très renommé Berg Lake trail. Mais impossible d’espérer faire cette longue randonnée en une seule journée (aller-retour = 46 km + le dénivelé, gloups !) ; il aurait fallu passer une nuit sous tente près de Berg lake, ce qui n’était pas possible non plus vu le nombre de jours qu’il nous restait à passer sur le continent américain… Pas loin de faire une croix sur cette destination, je continue mes recherches sur le net et tombe sur une option coûteuse, mais épatante : l’heli-drop. Rendez-vous est pris à 9h00 du matin pour une virée inoubliable en hélicoptère pour nous faire déposer près de Berg lake. Je dis « inoubliable » car ce tour en hélico est le plus spectaculaire que nous ayons fait. Sans mentir, il »frôle » le glacier Berg et c’est un vrai concentré d’adrénaline, la balade est splendide du début à la fin… mais trop courte évidemment (10-15 minutes). Et ce spectacle là, c’était en fait la cerise sur le gâteau, car notre but était avant tout de partir de Jasper, pouvoir randonner autour de Berg lake pour être le soir à proximité du parc Wells Gray…

canada mount robson berg lake

 

Donc carton plein, puisque la randonnée de Berg lake jusqu’au parking où notre voiture était garée nous a pris 5-6 heures en prenant largement notre temps y compris pour admirer Emperor falls et Kinney lake au retour. Puis 3 bonnes heures de route pour arriver au Alpine Meadows Resort, près de Clearwater et du parc Wells Gray. Arrivée compliquée car ce « resort » (qui est plutôt un complexe de chalets) est niché en pleine nature et il faut bien 30-45 minutes d’une route de plus en plus cahoteuse pour y accéder à partie de la « Southern Yellowhead Highway 5 ». On se demandait où on allait arriver, la nuit commençant à tomber…

Emperor Falls - Mont Robson - Canada

Vancouver

…puis au réveil le lendemain, on découvre un magnifique site à côté d’un petit lac (Hallamore lake très exactement), idéal pour profiter d’un dernier lever de soleil en forêt et d’une promenade au bord du lac. Car Vancouver nous attend et il nous reste encore 5 heures de route et  seulement 2 nuits à passer à Vancouver… En fin d’après-midi, nous arrivons donc au Times Square Suites, dans un petit appartement sympathique où nous pouvons nous préparer un petit dîner en tête-à-tête après avoir découvert le quartier et fait nos emplettes.

La visite de Vancouver se fait finalement assez facilement sur une grosse journée de marche, du moins pour la partie la plus centrale et touristique.

vancouver art urbain

 

Nous avons longé toute la promenade nord de Coal Harbour jusqu’à Chinatown parfois en slalomant pour faire quelques incursions en ville en s’éloignant de la mer, puis nous avons bifurqué sud-ouest jusqu’au Plaza of the nations dock et pris un taxi boat pour traverser la baie et rejoindre la très animée Granville island. Glace et lunch sur le pouce, puis nous repartons, toujours en taxi boat, pour le Hornby street dock. A une centaine de mètres de là, Sunset Beach nous attend pour un peu de farniente au soleil par cette magnifique journée d’été. Nous bouclons la boucle par English bay beach, puis retour à l’appartement et douche, pour repartir (en voiture cette fois) à Granville island pour dîner avec vue sur mer. Et ce sera notre dernière véritable soirée de « vraie » vacances, car demain soir nous serons à Seattle juste pour une courte escale de nuit avant le retour en France.

canada vancouver

Chuckanut Drive et arrivée à Seattle…

On profite tout de même encore de la matinée suivante à Vancouver en louant des vélos pour faire le tour de Stanley park, vraiment très sympa, surtout avec ce soleil qui ne nous quitte plus depuis notre départ de Jasper.

Stanley Park à vélo - Vancouver

 

Nous faisons ensuite nos valises, passons faire une balade le long du Baden Powell trail en passant sur le pont suspendu de Lynn Valley (à 20 minutes de Vancouver). Puis nous empruntons (non sans un certain dégoût !) l’autoroute ; du moins au début, car après le passage de la frontière avec USA, nous décidons de prendre notre temps en longeant la côte quasiment jusqu’à Seattle. Après avoir quitté l’autoroute à Bellingham, nous parcourons la très jolie route « Chuckanut Drive » (State Highway 11) les cheveux au vent, puis passons d’île en île (Fidalgo Island, puis Whidbey island) en franchissant « Deception pass » et son énorme pont qui enjambe la mer. Il faut s’y arrêter quelques instants, guetter les phoques et de petits maelströms qui se forment et se défont à l’infini. Nous poursuivons plein sud et traversons Whidbey island de part en part, en nous arrêtant notamment à la charmante petite ville de Langley (rien à voir avec la CIA 😉 ), où j’avoue que j’aurais bien aimé passer une dernière nuit près de la mer et proche de la nature, plutôt que dans ce motel gris de la banlieue de Seattle. Mais c’est un peu loin, et le ferry de Clinton nous attend (il part toutes les 30 minutes jusqu’à 21h00 en été) pour 15 minutes de traversée vers Mukilteo (en gros, comptez 5-6 heures de route cool avec les pauses entre Vancouver et Clinton). Nous arrivons dans cette station balnéaire à un moment festif où plusieurs familles se sont manifestement réunies autour de multiples barbecues, en cette fin de dimanche. Le soleil commence à tomber sur la mer, nous éblouit, nous fait penser malgré l’air froid que cette atmosphère de vacances est en train de prendre fin. Mais ce n’est jamais fini,  n’est-ce pas ? Nous reprenons la route pour notre petit motel de transit au sud de Seattle (histoire d’être proche de l’aéroport), mais décidons d’abord de voir le « front de mer » qu’on n’attendait franchement pas si animé, et nous nous posons quelques instants le long de la plage pour contempler le coucher de soleil sur la « Skyline » dessinant les buildings de la ville, écouter la musique qui sort des bars et des restaurants, sentir les habitants de Seattle qui profitent eux aussi de cet instant de fin de week-end…

Barbecue à Mukilteo
Barbecues à Mukilteo

Et je serai donc délibérément bref pour notre dernier jour : direction l’aéroport de Seattle, restitution de la fidèle Mustang (bien joué fillette ! 🙂 ), puis vol Seattle-Paris en direct.

…et c’est FINI (snif… 🙁 ) !

…pour l’instant 🙂 🙂 🙂

 Les coups de cœur

Comme d’habitude je ne ferai pas une liste à la Prévert de « trucs » et autres « filons » et « bons plans » qui ne seront d’ailleurs plus valables dans 6 mois. Les guides, forums et réseaux sociaux sont là pour ça. Pour information, j’étais parti sans aucun « guide papier », juste quelques infos sur les spots que nous ne voulions absolument pas manquer. Le circuit s’est construit autour de ce que nous voulions voir, parfois aussi en fonction de la météo, plus changeante en montagne. Je laisse une fois de plus parler l’émotion et donc la liste ci-dessous n’a rien de rationnel. Je m’aperçois aussi en faisant cette liste que l’émotion peut parfois être chèrement obtenue. Mais cette liste est sincère. Si vous devez à certains moments faire un sacrifice, les pistes ci-dessous le méritent vraiment.

  • Franchement, un cabriolet pour sillonner les parcs de l’Ouest, c’est très, très, très cool
  • Las Vegas : dîner au Top of the World
  • Grand Canyon : survol en hélicoptère
  • Page : Horseshoe Bend : à l’aube, à midi, au crépuscule
  • Page : Antelope Canyon : si vous n’avez pas le choix ou le temps, faites le Upper Canyon (vers midi), sinon n’hésitez pas et visitez les deux, terminez la journée par Toadstool Hoodoos par exemple (facile et pas très loin de Page)
  • (Page-Kanab : The Wave : je ne peux  malheureusement pas en parler, mais tentez votre chance et vous verrez bien… 🙂 )
  • Page-Kanab : Coyote Buttes South et White Pocket en « combiné » sur la journée
  • Moab : Wilson arch, Mesa arch (Canyonlands NP), Windows trail et Double arch (Arches NP)
  • Rocky moutain NP : simplement la traversée du parc avant le coucher du soleil : superbe lumière, beaucoup d’animaux qui se dévoilent
  • Grand Teton NP : Jenny Lake
  • Cody : rodéo show !
  • Yellowstone NP : Grand prismatic
  • Glacier NP : Highline trail AVEC l’overlook sur Grinnel glacier, Hidden trail lake, Iceberg lake trail, Wild goose overlook
  • Banff/Lake Louise : admirer le lac Moraine et le lac Louise au petit matin, l’Alpine trail autour du lac O’Hara dans le parc Yoho
  • Lake Louise/Jasper : Helen Lake to Cirque Peak trail, Peyto Lake
  • Jasper : la randonnée Cavell Lake/Cavell meadow/Angel Glacier ; admirer Pyramid lake et Pyramid mountain en arrière-plan en début ou en fin de journée ; aller à Spirit island sur le lac Maligne en fin d’après-midi ; avant d’arriver au lac Maligne, reposez-vous un moment et pique-niquez face au lac Medicine ; et sur cette même route en revenant du lac Maligne, n’hésitez pas à vous arrêter et à aller sur les bas-côtés, il y de superbes points de vue sur les rivières et les pointes acérées des montagnes qui entourent Jasper
  • Berg lake et Emperor falls : si vous avez le temps et l’énergie, campez sur place, sinon souvenez-vous de la possibilité d’un heli-drop et que ce n’est pas juste un moyen de transport pour aller à Berg lake ; ce sont aussi 15 minutes de bonheur total !
  • Une journée de marche dans Vancouver sous le soleil…
  • La « Chuckanut Drive » et la route jusqu’à Langley, entre Vancouver et Seattle : une bien belle découverte

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