En 2013, j’ai rencontré Steven Surina lors d’une croisière plongée en Mer Rouge « spéciale requins ». Plongeur et fils de plongeur, passionné de requins et soucieux de partager sa passion pour eux, il est à la fois en quête de donner du plaisir aux plongeurs chanceux de pouvoir les approcher, en leur donnant les connaissances et les conseils les plus adaptés. En parallèle, à travers la Shark Education (qu’il a créée), il poursuit également sa soif d’apprendre en participant à des activités de recherche à travers le monde, et en se spécialisant dans les interactions entre l’homme et le requin.

Et en dehors des plongées elles-mêmes, il nous apprend beaucoup sur ces animaux dont la réputation de tueur d’homme et l’allure parfois inquiétante contribuent à véhiculer une image faussée et des légendes à leur sujet (les espèces de requins potentiellement dangereuses pour l’homme sont surtout le grand requin blanc, le requin tigre, le requin bouledogue, le requin longimanus, le requin citron). Steven dégage une force tranquille. Derrière l’apparence d’un personnage pouvant paraitre discret et donner l’illusion d’un rêveur, il est en réalité tenace, ferme, intransigeant, fidèle à ses convictions face aux causes de la disparition des requins et à la nécessité de « démystifier » la peur et l’image du requin.

Je ne vais pas vous rapporter tout ce qu’il a partagé avec nous. Vous avez maintenant l’URL de la Shark Education à votre disposition.

Vous y trouverez les informations qui vous permettront de vous forger votre propre opinion si ce n’est déjà fait. Voici simplement quelques infographies, le mélange d’images et de chiffres illustratifs pouvant être bien plus saisissant que de long discours.

La solution pour stopper cette disparition annoncée ? A notre modeste niveau, le simple fait d’en parler, de faire circuler ces informations et de les partager avec le plus grand nombre, le fait de changer lorsque c’est nécessaire notre façon de consommer et de tenter d’influencer en douceur le mode de consommation de notre entourage. Une toute petite chose peut avoir un impact. Et dans tous les cas, ne rien en dire et ne rien faire ne fera qu’accélérer les choses.

Donc à votre tour, faites circuler ceci. Ce n’est pas parce que le requin a un délit de sale gueule, parce que « Les dents de la mer » a terrorisé les foules en 1975, et parce que les ailerons de requins sont très prisés en Asie du sud-est que nous devons trouver cette situation normale. Elle n’est que l’équivalent animal d’un génocide.

Et pour se convaincre de la dangerosité de la race humaine sur les espèces plus faibles qu’elle (c’est à dire TOUTES), on ne peut que recommander chaudement (parmi d’autres) deux films-documentaires :

Racing Extinction : une approche globale de l’extinction annoncée de certaines espèces animales et une analyse lucide de situations délicates à gérer sur le plan humain. Par exemple, celle de villageois indonésiens dont le moyen de subsistance repose sur la pêche de raies Manta, désormais (heureusement) espèce protégée depuis 2013. Comment leur imposer d’arrêter cette pêche alors que leur vie lui a été consacrée ? La solution pourrait être de leur expliquer pourquoi cette espèce doit être protégée et surtout de leur montrer comment se reconvertir pour continuer à profiter autrement de ce sublime animal : grâce à des activités recentrées sur le tourisme et à l’éducation des générations à venir… à la condition que ces activités nouvelles soient elles aussi réalisées de façon éthique et raisonnée. Mais les habitudes sont toujours difficiles à changer, encore plus quand elles sont liées à la culture d’un peuple et à un mode de vie quasi-ancestral. Une petite critique tout de même sur ce film : le message est parfois un peu « pompier » et on sent parfois que de gros moyens lui ont été consacrés. Pour stimuler les consciences individuelles, certains « shows » ou manifestations en pleine ville ont été organisés, et j’y ai personnellement davantage perçu la beauté de la nature plutôt que le risque de sa destruction. Le message perd donc sans doute un peu en efficacité. Et puis malgré quelques petites victoires remportées durant le film, on attend toujours la conclusion heureuse, comme à la fin de chaque documentaire à tendance écolo, et on se demande : « Je suis d’accord avec eux, mais maintenant qu’est-ce que je peux faire pour améliorer les choses contre des lobbies aussi puissants, et en quoi ce film va-t-il lui-même les faire changer ? »…

Autre film, La baie de la honte (the Cove), au Japon, où des milliers de dauphins sont tués sur des docks cachés. Pas suffisamment cachés pour empêcher certaines caméras « indiscrètes » d’y filmer une mer totalement rouge de sang. Terrifiant…

Une Planète Bleue... bientôt sans requins ?