L’archipel des Revillagigedo est situé dans l’Océan Pacifique et fait partie du Mexique. Il est situé à plus de 24 heures de bateau à partir de la côte. C’est le temps qu’il nous a fallu, au départ de San Jose Del Cabo, pour rejoindre San Benedicto, la première île de la croisière plongée que nous avons réalisée à bord du Rocio del Mar. Ensuite nous avons navigué vers l’île de Socorro relativement proche, puis vers celle de Roca Partida, un bout de roche dépassant à peine de la mer, mais grouillant de vie. On pourrait même le qualifier de « HLM à requins » tellement on y trouve de grottes et de niches dans lesquelles se regroupent de 3 à 20 requins « pointe blanche » à différentes profondeur. Cette croisière a duré 10 jours, ce qui est assez rare pour être signalé car la plupart des croisières ne permettent de ne passer que 5 ou 6 jours sur place dans l’archipel, ce qui est un peu court quand on sait que la traversée dure 26 heures… 10 jours, c’est donc idéal !

Bien sûr, cette destination est particulièrement réputée pour les rencontres avec les espèces pélagiques, en particulier en février-mars où on peut espérer croiser des baleines à bosses. Je dis bien « espérer », car le skipper nous a immédiatement briefés dès que nous sommes montés à bord du navire : il y a quelques années, il était souvent possible de les entendre en  plongée, et parfois de les croiser avec de la chance. Mais désormais cela devient exceptionnel. Plusieurs théories sont évoquées, comme le fait qu’elles aient été chassées trop abondamment par des orques, et que désormais elles s’écartent de cet archipel lors de leur migration (elles viennent dans ces eaux pour se reproduire durant l’hiver, puis repartent vers le grand nord…).

Qu’à cela ne tienne, les eaux de l’archipel grouillent de vie : requins pointe blanche, requins soyeux, requins Galapagos, requins marteau, requins baleine, requins tigre (très timides, mais ayant la fâcheuse tendance d’arriver dans votre dos…:-)), thons gigantesques, bancs de carangues, dauphins, et bien sûr les fameuses et fabuleuses raies manta océaniques. De véritables « avions des mers », gigantesques, majestueuses, et si peu farouches, le spectacle est incroyable. L’expérience (car c’en est une) est réellement sidérante, car il faut être conscient que côtoyer aussi longtemps et d’aussi près des créatures aussi exceptionnelles représente un moment unique dans une vie de plongeur et d’amoureux de la nature. Évidemment je ne parle pas de ceux qui ont la chance de pouvoir revenir régulièrement sur ce genre de sites (quoique je voie assez mal comment on pourrait en devenir blasé !), mais des plongeurs occasionnels dont je fais partie.

Les fonds marins ne sont pas exceptionnels en raison de la nature volcanique des lieux, il n’y a pas de jardins de corail. On trouvera plus de similitudes entre les fonds de Socorro et ceux des îles Cocos par exemple. Néanmoins la morphologie des sites est impressionnante et certaines formations rocheuses et de lave procurent une ambiance assez étrange et prenante, que ce soit sous l’eau et au-dessus (comme vous pourrez le voir sur certaines vues aériennes dans la vidéo).

La saison s’étale d’octobre à juin, mais le pic est incontestablement entre janvier et mars pour tenter d’apercevoir ces fameuses baleines qui se se font rares. Mais l’eau devient de plus en plus fraîche pour devenir froide : combinaison 7 mm indispensable). La période allant jusqu’à décembre est plutôt favorable aux requins baleine. Les dauphins et les raies manta sont là (a priori) toute l’année. Nous y sommes allés fin décembre (en prenant déjà une 7 mm ;-)) et avons vu toutes les espèces citées, dont de gros bancs de marteaux et des requins tigre et baleine à plusieurs reprises, donc je recommande cette saison d’autant plus que l’eau est encore relativement chaude. Nous avons même aperçu des baleines en surface durant la traversée (surtout à proximité des côtes mexicaines).

La destination est tout de même assez fréquentée (au moins 15 navires proposent cette destination), donc ne vous attendez pas à être seuls sous l’eau. D’où aussi l’intérêt de faire un croisière plus longue car vous serez décalés par rapport aux programmes suivis par les autres navires.

Socorro est une destination parfois critiquée, en partie à cause de la durée de la traversée (longue) et de celle (courte) du séjour dans les îles, en partie à cause de la difficulté à y rencontrer des baleines. Mais si vous parvenez à y rester un peu plus longtemps et à vous « satisfaire » (!!!) des autres espèces qui y vivent, vous en ressortirez ébloui.

Je ne vais pas « parler » plus longtemps car, une fois n’est pas coutume, les images animées en diront bien « plus et mieux » que moi :

Version courte :

Version longue (pour les passionnés) :

Vidéo avec Canon G7 x et Dji Mavic Pro