Deux mois de bonheur intégral…

Ce voyage était notre premier contact avec l’Indonésie, et quelle découverte ce fut ! Tous ces noms qui, gamin, me faisaient rêver de contrées imaginaires (autant que Bora Bora et Tahiti pouvaient l’être !) : Java, Bali, Sumatra, Bornéo, Sulawesi, Komodo, Papouasie : ces noms résonnaient comme autant d’iles mystérieuses, exotiques et colorées. Ce pays est tellement vaste et varié qu’on pourrait y revenir des dizaines de fois. Il faut dire qu’il est celui de la démesure géographique : archipel de 13 500 iles, plus grand pays d’Asie du Sud-Est avec près de 2 millions de km2, combien de vies faudrait-il pour espérer en faire le tour ? Et ce premier voyage de 2 mois ne m’a même pas procuré l’ombre de l’envie de rentrer à la maison…

28 degrés sous l’eau (sauf parfois au sud de Bali et à Komodo) et sur terre, le soleil, une variété incroyable de paysages et d’activités : des randonnées en plaine dans les rizières du pays Toraja aux treks sur les volcans de Java et de Lombok, en passant par des plongées lunaires dans le détroit de Lembeh, la rencontre du Mola-Mola près de Bali, les plongées plus sportives avec les requins et raies manta de Komodo.

Et surtout sans oublier la zénitude et la gentillesse des gens et une « atmosphère » si particulière (sûrement aussi liée aux douces mélopées du gamelan que l’on entend partout). Je suis moi-même plutôt calme et patient, et pourtant une fois, sur le port de Padang Bai, ma cocotte-minute interne s’est mise à siffler et la colère à gronder. Mais face à moi, au lieu de voir des personnes s’emporter et réagir à l’identique, j’ai senti un malaise chez eux, quasi-palpable : celui de me voir dans cet état. Ils étaient « mal » de me voir si énervé. Il fallait qu’ils trouvent une solution, ils l’ont trouvée, et tout s’est apaisé. Bref, sans croire pour autant au Père Noël ni au Pays des Bisounours (un passage à Jakarta remet certaines idées en place), c’est bel et bien une expérience très, très, très apaisante que de voyager là-bas.

Précision : notre voyage s’est déroulé en été, qui est une saison PARFAITE pour l’Indonésie côté climat. La mer peut être parfois fraiche à certains endroits, mais nous avons – sans mentir – eu 2 mois ensoleillés, avec ce ciel si typique de l’Asie du sud-est : jamais ou rarement totalement bleu, toujours parsemé de ces nuages qui nous offrent des couchers de soleil de folie…

La vidéo du voyage

Notre itinéraire

Une fois n’est pas coutume, nous avons choisi de bouger beaucoup et d’alterner des moyens de transports rustiques (minibus bondé entre Ampana et Palu, ferry ultra-bondé pour les iles Togian) et modernes (vols intérieurs qui nous ont fait gagner beauuucoup de temps de trajet). Idem pour le logement : il n’y a rien de plus fun que de passer de 7 nuits en tente sur les pentes des volcans à une nuit dans un palace de Java. Une limousine est venue nous chercher dans la guesthouse de Yogyarkarta où nous avions fait étape, et nous a emmenés à l’Amanjiwo, près de Borobudur. Je peux vous avouer que c’est le plus bel hôtel où j’ai séjourné de toute ma vie (et qu’il y a peu de chance que je retourne dans un hôtel aussi luxueux…). Juste pour une nuit de luxe, tout poussiéreux que nous étions, avec nos sacs à dos dans le même état. L’arrivée fut irréelle : notre hôte, gérant de l’hôtel, ne savait pas trop comment nous acueillir : avec simplicité ou avec la distinction dont certains clients de cet hôtel sont très friands ? Finalement une « élégante simplicité » a fait l’affaire :-). Même le personnel semblait surpris. Le short et le T-shirt n’étaient pas vraiment le standard de tenue ici. Mais comme toujours en Indonésie, les choses se font simplement. S’il y a des jugements ou des critiques, on ne les ressent pas. Juste la chaleur de l’accueil. Les regards en biais venaient plutôt des autres clients « blancs »…

J’ai passé un peu de temps à vous décrire cet épisode, mais très franchement, si vous pouvez vous permettre parfois d’alterner une journée/nuit de luxe entre des journées plus rustiques, l’expérience est énorme.

Cela dit, la journée de trajet sur le ferry qui nous a emmenés d’Ampana à l’ile de Malenge fut aussi mémorable. Nous étions les uns sur les autres, la ligne de flottaison du ferry certainement largement dépassée, mais sur le navire quelle ambiance ! Un vrai petit village ambulant. Tout le monde s’accoste, papote, les poules et les moutons crient, pas de place pour s’assoir, le temps passe, c’est long, mais toujours distrayant. Et ces arrivées sur les petits ports de ces petites iles, ces cortèges d’enfants qui viennent « pour voir » qui va débarquer et qui va rester à bord du bateau pour repartir vers la prochaine escale, qui chahutent et prennent la pose et des sourires enjôleurs pour quelques photos, ce sont des moments inoubliables. J’y reviendrai dans nos « coups de cœur ».

Ci-dessous vous trouverez (dans l’ordre chronologique) la liste des trajets et moyens de transport utilisés et la carte de tous les endroits où nous nous sommes rendus.

Les seules réservations faites en France concernaient la croisière Lembeh-Bunaken (début de séjour) et la croisière Komodo (fin de séjour) pour lesquelles il est impossible (ou beaucoup trop aléatoire) d’espérer trouver une cabine disponible à la dernière minute. Le programme plongée a – une fois n’est pas coutume – été concocté grâce à notre ami « Martinoo » d’Asiaqua.

  • Vol Paris-Jakarta-Manado
  • Croisière plongée Manado-Lembeh-Bangka-Bunaken-Manado
  • Vol Manado-Makassar
  • Minibus Makassar-pays Toraja-Ampana
  • Trek Sapan-Pulu Pulu-Barupu-Pangala-Pulio-Batutumonga-Lempo
  • Ferry Ampana-Malenge A/R
  • Minibus Ampana-Palu
  • Vol Palu-Jakarta-Yogyakarta
  • Bus Prambanan
  • Minibus/rando Merapi
  • Taxi + vélo Borobudur et Selogriyo
  • Vol Yogyakarta-Subaraya
  • Taxi Subaraya-Malang
  • Minibus/trek Semeru, taxi Bromo, taxi/rando Kawah Ijen
  • Ferry Ketapang-Gilimanuk
  • Bus Pemuteran
  • Taxi Munduk, Candikuning, Jatiluwih, Batur, Pura Besakih, Padang Bai
  • Ferry Padang Bai-Lombok
  • Minibus/trek Rinjani
  • Jukung Lombok-Gili Trawangan
  • Speedboat Gili Trawangan-Padang Bai
  • Taxi Ubud, Sanur et Uluwatu
  • Croisière plongée Sanur-Komodo-Sanur
  • Vol Bali-Singapour, puis à pied pour visiter Singapour

Les coups de cœur

Comme d’habitude je ne ferai pas une liste à la Prévert de « trucs » et autres « filons » et « bons plans » qui ne seront d’ailleurs plus valables dans 6 mois. Les guides, forums et réseaux sociaux sont là pour ça. Pour information, j’étais parti avec le Lonely Planet Indonésie : parfait pour ces 2 mois. Je laisse une fois de plus parler l’émotion et donc la liste ci-dessous n’aura rien de rationnel.

Sulawesi : Le détroit de Lembeh : la planète Mars au fond des mers…

Nous avons donc commencé par une croisière plongée à bord d’un petit navire (seulement 5 plongeurs à bord) qui a fait le tour de la pointe nord du Sulawesi. Le point d’orgue était sans conteste le détroit de Lembeh, ultra réputé pour sa faune « martienne ». C’est Nicolas Hulot, à travers son émission Ushuaïa Nature (nostalgie…), qui nous a fait découvrir il y a des années l’existence du « Triangle de la biodiversité » dont fait partie ce détroit : les plongées se font à faible profondeur (10-12 mètres maximum) sur fond de sable noir volcanique et sur un petit périmètre, car il faut surtout observer et savoir attendre. Et grâce à l’œil de lynx du dive master (= le plongeur professionnel indonésien qui connaît les sites par cœur)… et aussi à la loupe qu’il emporte avec lui (oui-oui !), nous découvrons des « choses » absolument hallucinantes, et même davantage lors de plongées de nuits avec nos torches. De l’hippocampe pygmée (quelques mm) accroché à « sa » gorgone exactement de la même couleur que lui, au poisson fantôme qui semble léviter dans l’eau à l’image d’un brin d’algue, en passant par le poisson grenouille dont un petit appendice nasal ressemble à une minuscule « canne à pêche » qui est un leurre (souvent en forme de minuscule poisson) lui servant à attirer ses proies, tout n’est que mimétisme et étrangeté. C’est aussi là que j’ai appris ce qu’est un nudibranche, sorte de ver multicolore, dont la recherche devient un véritable jeu tant il en existe de toutes les tailles et de toutes les couleurs.

hippocampe pygmée
Le voyez-vous ?…

Les fonds marins sont si uniformes, plats, sans rochers ni rien pour se cacher, que la vie marine a évolué pour s’adapter à cet environnement et adopter soit des capacités mimétiques étonnantes, soit à l’inverse des couleurs vives destinées à signaler un danger (allant même jusqu’au bluff : « attention je suis un petit poisson qui pique et qui est empoisonné », alors que  le poisson en question ne présente strictement aucun danger !), soit une capacité à rester immobile quasi-enfoui dans le sable, en attendant sa proie (… ou pour se protéger d’un prédateur éventuel). Même si vous n’êtes pas fan de « macro » (c’est comme ça qu’on appelle ce type de plongées dont le but est de chercher des « choses toutes petites »), vous ne pouvez que vous extasier devant cet univers. Quelques jours suffisent à en faire le tour.

Au retour de la croisière, petit passage vers la parc de Tangkoko où l’on peut voire des tarsiers (le plus petit primate de la planète) et des macaques noirs très sociables !

Sulawesi : Le pays Toraja : nature et sauvagerie

Puis direction le sud du Sulawesi pour démarrer un périple, d’abord en voiture pour remonter vers le fameux pays Toraja, en passant par le lac Poso. Puis un superbe trek de 5 jours (Sapan-Pulu Pulu-Barupu-Pangala-Pulio-Batutumonga-Lempo) au milieu des rizières et des tongkonans : habitations traditionnelles de cette région dont le toit a une forme singulièrement incurvée de « coque de navire ».

sulawesi tongkonans

En pleine période de récolte, émaillées de cérémonies funéraires d’un autre temps, ce fut un moment formidable ! Les paysages rencontrés durant ce trek sont inoubliables et rivalisent parfois avec ceux du magnifique site de Batad aux Philippines, en particulier les environs de Batutumonga et de Lempo.

rizières de Batutumonga, pays Toraja

Venons-en aux cérémonies funéraires. Ce n’est ni péjoratif, ni insultant de parler de « sauvagerie » quand on aborde ce sujet. Certes elles sont devenues aussi avec le temps un centre d’intérêt pour les touristes, tant il s’agit d’événements « à part ». Cela dit soyez rassurés : le Sulawesi, ça n’est pas franchement la Côté d’Azur au mois d’Août : ceux qui appellent ça du « tourisme de masse » doivent être rudement blasés de voyager dans le monde…

Bref, si – en tant que touriste bien élevé – vous souhaitez assister à une telle cérémonie, vous devez offrir un petit quelque chose à la famille qui célèbre son défunt : paquets de cigarettes (oui, je sais…), bouteille d’alcool (oui, je sais…), biscuits, etc… En fait il s’agit d’ailleurs rarement d’une seule famille, mais d’un regroupement de plusieurs : on peut ainsi réduire les dépenses et favoriser le regroupement d’un maximum d’invités et aussi (surtout) de « dons ». Car la coutume veut que l’on y sacrifie cochons et buffles, qui accompagneront le défunt dans l’au-delà. Et ces dons représentent un investissement colossal pour ceux qui les offrent, c’est pourquoi le défunt peut parfois rester un an sans être enterré, dans l’attente de cette cérémonie qui peut durer plusieurs jours et demande une organisation, des préparatifs, et de l’argent, car buffles et cochons représentent autant de grandes richesses pour les habitants de la région.

Revenons-en à la « sauvagerie » dont je parlais. L’une des cérémonies à laquelle nous avons assisté s’est terminée dans une mare de sang (je n’exagère pas : voyez plus bas), la place du village était littéralement rouge écarlate, des dizaines de buffles ont été égorgés, l’un d’entre s’est même échappé de la place en galopant : la machette de son bourreau avait raté les vaisseaux vitaux (11ème minute de la vidéo)… Une véritable frénésie s’empare de certains protagonistes de la cérémonie, qui font mine de s’abreuver, avec de longs morceaux de bambou, du sang qui jaillit du cou des buffles mourants. L’ambiance est étrange, mélange d’excitation et d’un grand respect vis-à-vis de l’accomplissement en bonne et due forme de ces rituels. Il n’y a pas d’agressivité, on ne torture pas les animaux, on ne s’acharne pas sur eux, ils font partie de la cérémonie.

sulawesi ceremonie toraja

Sulawesi : Malenge et les iles Togian : le Paradis

C’est véritablement LE gros coup de cœur de ce voyage. Après la visite du pays Toraja, il fallait prendre une grande décision : avant de quitter la France, j’avais fait un trait sur les iles Togian. Dans la souffrance car les images et les témoignages glanés sur le net ne cessaient de m’y appeler… Il faut dire qu’elles sont isolées ces iles, en plein milieu du golfe de Tomini, accessibles seulement en ferry lorsque celui-ci veut bien partir (et ne pas sombrer, oui-oui…). C’est ce qui m’avait dissuader de nous y rendre, même avec la liberté d’un séjour de 2 mois. Arrivés devant le port d’Ampana, dernier endroit pour changer de décision, la petite voix dans ma tête s’est réveillée : « Laurent, n’oublie pas les Togian… ». C’était maintenant ou jamais. Qui sait si reviendrions un jour par ici ? L’alternative était de continuer vers la côte ouest du Sulawesi, pour prendre un vol vers Java. Et la petite voix a gagné. Nous avons embarqué sur le Lumba-Lumba seriati (quel bon moment !).

indonesie sulawesi ferry togian

…Et nous avons finalement largué nos amarres pour quelques jours sur l’ile de Malenge, un petit-bout-de-paradis-du-bout-du-monde : Un seul « cottage » avec 7 bungalows en bois, rustiques comme on aime. L’ile et la plage « rien que pour nous », une douzaine de touristes (sympas) à tout casser sur l’ile. Et la cerise sur le gâteau : le fabuleux petit village de pêcheurs Bajo accroché à son rocher, avec son pont de 2 km qui lui permet de rejoindre la terre : cet endroit est une merveille, il est presque incroyable. Cette passerelle semble si fragile, comme un long cordon qui relie l’ilot à l’ile principale. Et l’on peut y voir tôt le matin ou en fin d’après-midi de petits groupes d’enfants qui se rendent à l’école ou en reviennent. Les habitants sont adorables. Les enfants se bousculent pour être pris en photo. Et lorsqu’au coucher du soleil, vous êtes sur la plage dans votre hamac, que vous voyez deux enfants revenir au village avec derrière eux un ciel de nuages gris-noirs percés de rayons de soleil, vous vous dites que vous êtes bien. Pile là où il faut.

Sur le panoramique ci-dessous, vous pouvez apercevoir les quelques bungalows à gauche, le pont au centre, et l’ilot des Bajo à droite (affichez-le en plein écran si possible) :

ile de Malenge

Le pont de Malenge
Quelques travaux à faire ? peu importe…
le pont de Malenge
Encore et toujours le « pont » : comment s’en lasser ?…
ambiance "happy" à Malenge
Malenge, ou « une certaine idée du bonheur »…?

Java : Prambanan et Borobudur (et en bonus, l’Amanjiwo !)

Après 5 jours de trek au Sulawesi, quelques jours de crapahutage, puis une journée de randonnée sur les flancs du volcan Merapi, nous avons finalement répondu à l’appel du côté obscur de l’hôtellerie Javanaise, à savoir l’appel de l’Amanjiwo, l’un des plus beaux et agréables hôtels de cette planète, sans mentir. Si je ne devais conseiller qu’un seul « coup de folie hôtelier » dans une vie de voyageur, je conseillerais celui-ci. Googlez-le, allez sur son site et faites-vous votre idée. Je ne pourrai rien ajouter à ce que vous verrez ni aux avis que vous pourrez lire sur Tripadvisor par exemple. Pas trop loin de là, allez voir le petit temple de Selogriyo, plus pour son décor de rizières en terrasses que pour le temple lui-même (mais ce n’est que mon avis ;-)).

Hotel Amanjiwo, Indonésie

On parle souvent du temple de Borobudur, davantage que du temple de Prambanan, proche de Yogyakarta. Et bien oui, c’est grand et c’est très beau, rien à dire. Et encore plus beau si vous y allez avant le lever du soleil pour admirer (je vous le donne en mille)… le lever du soleil sur le temple : somptueux ! Vous aurez soit la possibilité d’admirer les contrastes et clairs-obscurs en faisant face au soleil levant et à la silhouette conique de l’inquiétant Merapi, ou celle de contempler la rougeur du monument avec le soleil dans votre dos. Et en plus, si comme nous vous logez dans un hôtel tout proche, vous pourrez y venir et vous y promener à vélo : facile et très agréable !

Temple de Borobudur, Java

Cela dit, le temple de Prambaban (ou plutôt les 240 temples de Prambanan) nous ont véritablement enchantés. Le complexe est très agréablement organisé, il y a même une douce musique de gamelan qui parcourt tout le site. Des frangipaniers partout le long des chemins. Et les temples, bien entendu. Je ne suis pas un fan de culture et d’histoire, je préfère m’imprégner des lieux et contempler. Et bien je n’ai vraiment pas été déçu de mon passage à Prambanan. Très photogénique qui plus est ! Tant que vous y êtes, passez si possible une journée à Yogyakarta, il y a plein de choses à voir et c’est une ville dont le centre est à taille humaine et que vous pouvez facilement parcourir à pied, pour vous perdre dans ses rues et ruelles, sans oublier ses marchés colorés.

Temple de Prambanan, Java

Java : la caldeira du Tengger, Bromo et Semeru

C’est une incontournable « carte postale » de l’Indonésie et de Java en particulier. La caldeira du Bromo aime se faire photographier au lever du soleil à partir du mont Penanjakan, ce qui vous imposera un lever à 4h00 du matin. Mais le spectacle est au rendez-vous, avec celui des (très) nombreux touristes (mais on s’en fout !). Regardez  le soleil éclairer le sommet du Semeru, puis du Bromo et du Batok, et l’ombre disparaître peu à peu de la caldeira, le tout accompagné de quelques panaches de fumée venant du Semeru et du Bromo. Un des plus beaux panoramas du monde, c’est certain. Ne manquez pas de grimper l’escalier menant aux bords du cratère du Bromo, c’est facile et spectaculaire.

caldeira du Tengger, Bromo, Semeru

Quant à l’ascension du Semeru, elle demande de faire un trek de 2 jours/1 nuit. Nous avons été récompensés d’un énorme nuage de fumée au moment pile où nous arrivions au sommet (3700 mètres). Émotion garantie !

Sommet du Semeru, Java

Java : le Kawah Ijen

Autre volcan, autre lieu unique en Indonésie et dans le monde : le Kawah Ijen est un volcan très actif, véritable mine de soufre à ciel ouvert. Une fois encore, Nico Hulot nous avait fait découvrir ce site il y a des années sur le petit écran. Vous pouvez faire la randonnée seul, en étant prudent dans la descente au cratère et dans vos allées et venues au milieu des fumerolles. 1 heure de randonnée pour monter au bord du cratère de très bon matin pour profiter de la lumière de l’aurore, puis 30 minutes de descente vers le lac turquoise au fond du cratère, en croisant les mineurs qui continuent leur labeur et transportent des galettes de soufre (ne pas hésiter à prendre sur vous des paquets de biscuit et de l’eau pour leur en donner, ça vous alourdira à la montée, mais vous saurez à quel point c’est apprécié…). Le spectacle est grandiose. Quant au ballet des mineurs et à leur difficile travail, je tiens à souligner que, contrairement au message que certains reportages ou commentaires « misérabilistes » font passer (genre ils travaillent en tongs ou avec des chaussures éclatées, sont épuisés, tristes, etc.), ce n’est pas ce que nous avons vu. Attention, je ne remets pas ici en question la pénibilité de leur travail, ni les risques associés, ni leur espérance de vie certainement raccourcie. Non, je veux parler de leur équipement qui n’est pas aussi misérable que celui dépeint par certains, je veux parler de leurs sourires et des échanges que nous pouvons avoir avec eux, des quelques pièces qu’ils peuvent obtenir en échange de photos ou morceaux de soufre, de la fierté qu’ils ont de poursuivre pour la plupart un travail « familial ». Il y a une vraie ambiguïté, une sorte de malaise à se retrouver ainsi sur un site touristique qui est en fait le lieu d’un travail harassant qu’aucun Français n’accepterait de faire. Faut-il s’empêcher de s’y rendre pour autant ? Je ne pense pas. Je pense même que désormais, et même si le lieu se transforme peu à peu en « Disneyland », ces travailleurs de l’extrême profitent de la venue des touristes bien davantage que ce que leur « vie d’avant » leur apportait…

Bali : un rapide passage

Non pas que Bali ne soit pas agréable, mais :

  • ses routes sont saturées
  • elle est VRAIMENT très touristique (surtout Kuta, Seminyak et maintenant Ubud)
  • elle n’est « pas si belle que ça » (franchement, allez à Java et au Sulawesi pour comprendre)

Cela dit et comme toujours, il faut relativiser :

  • Allez voir un spectacle de Kecak, surtout à Uluwatu (sud de Bali) où, en fin d’après-midi, vous aurez en plus le coucher de soleil sur la mer en arrière-plan ; cette danse accompagnée de cris gutturaux est à la fois impressionnante et hypnotique.
  • Si vous êtes plongeur et que vous êtes à Bali en été, ne manquez pas d’aller du côté de l’ile de Nusa Penida (sud de Bali) voir les raies manta et surtout les Mola-Mola (poissons-lune) : ce sont des (grands) poissons irréels, tout droits sortis de la préhistoire, à l’allure débonnaire et sympathique ! Allez aussi voir l’épave de l’USS Liberty à Tulamben (nord-est de Bali) : mon seul regret est de n’avoir pas eu l’occasion d’y plonger, mais il parait que c’est un véritable aquarium qui grouille littéralement de poissons.
  • Visitez les environs de Munduk (nord de Bali) où vous trouverez plus de tranquillité, une  agréable fraicheur et de très jolies cascades.
  • Rendez-vous à l’aube sur les berges du lac Bratan, où vous trouverez une superbe lumière lors du lever du soleil sur le temple Pura Ulun Danu Bratan (nous avions dormi à Candikuning pour y être à cette heure).
  • Pas très loin de là, faite une balade dans les rizières de Jatiluwih : elles sont magnifiques et plutôt méconnues par rapport aux spots touristiques « habituels » de Bali.
  • Ne manquez pas le temple Pura Besakih, pour le coup très connu et fréquenté, mais qui mérite le détour. Vous y trouverez une architecture typiquement balinaise et très photogénique. Attention à ne pas vous laisser entourlouper par les faux guides et vendeurs de conseils ou de babioles en tous genres. Certains visiteurs ont vu leur visite gâchée…

Kecak à Uluwatu, Bali

Lombok : le Rinjani et Gili Trawangan

A partir du port de Pandag Bai (est de Bali), vous pouvez facilement prendre un ferry pour vous rendre à Lombok, De là, organiser un trek pour gravir le volcan Rinjani est facile. Ce trek est un incontournable : pendant 3 jours/2 nuits, vous irez jusqu’à un superbe panorama à 3700 mètres, avec vue sur les iles Gili voisines, et en compagnies des singes-gardiens du volcan :-). La dernière partie de l’ascension, plus fatigante, se fait « à la frontale » en démarrant vers minuit-1h00, comme pour le Semeru d’ailleurs : le prix à payer pour être récompensé par le lever du soleil. Vous verrez sur la photo ci-dessous l’ombre conique du Rinjani littéralement projetée par le soleil : étonnant !

sommet du Rinjani, Lombok

Cratère du Rinjani, Lombok

Pour vous ressourcer, prenez un Jukung pour vous rendre sur l’une des trois iles Gili. Nous avions lu beaucoup de commentaires négatifs sur Gili Trawangan, c’est pourtant là que nous nous sommes rendus et nous avons été enchantés. Là encore, lorsqu’on lit que l’ile est surpeuplée de touristes (genre mélange de Saint-Trop, Ibiza ou Mikonos), il faut re-la-ti-vi-ser. On est très loin de la foule, il y a largement de la place pour tout le monde. L’ambiance est même sympathique, tranquille et bon enfant. Pas de boîtes de nuit qui vous empêcheront de dormir. C’est vraiment une agréable étape pour récupérer après le Rinjani. En plus, si vous êtes plongeur, sachez que nous y avons fait de belles plongées dans une des eaux les plus cristallines que j’ai pu voir.

Komodo : l’une des plus belles croisière-plongée

En fin de séjour en Indonésie, rien de tel qu’une croisière plongée d’une semaine vers Komodo sur l’excellent Mermaid I ! Nous y avons vu du très petit (hippocampe pygmée, encore lui) et du gros (requins, raie manta), avec des fonds marins éblouissants, et ce fut même l’une de nos plus belles expériences de plongée. J’ajoute aussi la grande variété des sites et des conditions de plongée, avec parfois même des environnements étranges, comme par exemple une plongée « dans les bulles » sur un site volcanique d’où émergeait des fond marins une multitude de filets de bulles, un site d’ailleurs extrêmement poissonneux.

coucher de soleil en mer

Sans oublier une excursion sur l’ile de Komodo où nous avons pu côtoyer les fameux Dragons, véritables fossoyeurs de l’ile (et qui, parait-il, mangent aussi parfois les petits enfants qui ne courent pas assez vite…).

parc national de Komodo

« Retour » rime avec « Singapour »

Comme pour se dire que les vacances n’étaient pas encore finies, après le pincement au cœur en montant dans l’avion à Bali sous les douces chansons d’un comité d’accueil (ou plutôt de départ) balinais, une courte pause de 2 jours à Singapour s’imposait. Ici, la nature laisse la place à une ville en pleine expansion qui cherche même à s’étendre sur la mer tant l’espace commence à manquer sur terre. Le Marina Bay Sands Hotel est absolument dingue, sorte de vaisseau suspendu tout droit venu d’une autre planète, avec sa piscine à débordement de 150 mètres de long à 200 mètres du sol et son spectacle nocturne son et lumière…

singapour

Pour notre part, nous nous sommes « contentés » du Raffles, établissement mythique de Singapour, où l’on à l’impression de remonter le cours du temps et de revenir à la période coloniale. Ne manquez pas le quartier chinois de Singapour, l’ambiance y est particulièrement sympathique.

Raffles, Singapour

Galerie photo

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